26.01.2012

Les Vieilles Charrues, la fête sans se prendre au sérieux pour la fierté du Centre-Bretagne avec Yves Colin.

 

Vendredi 13 janvier l'Œil en Coin recevait Yves Colin pour l'ouvrage collectif qu'il a dirigé , Vieilles Charrues an erer khoz à l'occasion des vingt ans. Un ouvrage ou chacun peut retrouver ses impressions de festival à travers des photos, des illustrations de Yann Lesacher et des textes.

 

 

 


 

Quel était la revendication, l'objectif de la première fête en 1992 à Landeleau ?

Landeleau c'est un village d'une centaine d'âmes en Centre-Bretagne. Au départ ce n'était pas un festival mais une grande kermesse organisée par une bande de potes. Il s'agissait de faire une grande fête et de se marrer, de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. Pendant les première éditions il y avait des jeux absurdes, surréalistes même comme la pétanque à l'envers, le lancé de botte pointure 42, la course de chameau. Le festival s'est appelé les Vieilles Charrues en réaction au rassemblement des vieux gréements à Brest. La revendication était de dire qu'il n'y a pas que le littoral mais que l'on peut vivre, travailler et être fier en Centre-Bretagne.

Le festival a changé, il a évolué et grossi, mais quels sont les fils conducteurs, ce que l'on retrouve sur toutes les éditions ?

Je crois que c'est l'appropriation du festival par les gens du territoire. La première fête était sur souscription et il y a eu 500 personnes. Il y a un soutien et une adhésion de la population. Cela a permis de multiplier le nombre de festivaliers. Il continue de grandir mais il faut que l'équipe dirigeante s'interroge sur cette relation au territoire qui est importante.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment un festival peut devenir un élément de développement local ?

Le festival amène des retombées économiques directes par la consommation des festivaliers mais aussi, par exemple, par l'embauche de salariés dans les commerces pendant la durée du festival. Ensuite, le principe du festival est la politique de l'escargot, c'est à dire d'avoir des prestataires et fournisseurs du territoire même si parfois cela coûte un peu plus cher. Ensuite les 5000 bénévoles sur le festival sont réunis au noms des associations locales. Le festival leur rétrocède des fonds en fonction de l'implication de leurs bénévoles. Cela engendre une effet papillon. Les projets associatifs comme une crèche en Asie, des puits au Mali ou les maillots du club de rugby sont financés grâce à cette implication dans le festival.

Pour vous, au cours de ces 20 ans quels sont les moments forts de la programmation et quels sont les flops ou les déception ?

La plus grosse déception est que David Bowie n'est pas pu venir. Beaucoup de gens nous en voulaient qu'il ne vienne pas mais tout était officiel. Nous avons reçu son certificat médical. Sur les concerts, celui des Cure était un peu décevant car il s'adressait vraiment à des puristes alors que le public du festival est très éclectique. La force des programmateurs de ce festival est d'arriver à programmer les concerts aux heures qui conviennent le mieux en fonction du public de chaque artiste.

Vous avez dirigé pendant 10 ans une équipe au festival, comment avez-vous travaillé avec l'équipe des rédacteurs et photographes sur ce livre ?

J'ai surtout travaillé avec tous les intervenants en discutant avec eux. Je leur ai laissé une vraie liberté. Le fil rouge de ce livre est de permettre à tous les publics de se retrouver dans leur propre festival donc avec plusieurs portes d'entrées. Avoir cinq auteurs différents avec des approches différentes pouvaient le permettre. On a mis un an pour le faire. C'est la définition du projet qui a pris du temps. Nous avons travaillé avec l'agence des Ronds dans l'eau de Langueux tout à fait légitiment car c'est elle qui assure l'aspect graphique du festival. Nous avons garder la cohérence du festival car tous les intervenants sont tous de la région et impliqués dans l'aventure du festival.

Quelle est votre propre actualité ? Une autre collaboration en édition, la musique ?

J'ai d'autres projets dans l'édition. Depuis que j'ai quitté le festival j'ai un peu plus de temps à consacrer à l'écriture, à la chanson et à la musique.

La musique est encore une aventure collective avec le groupe Colin ?

Oui. Quand on tire une satisfaction de quelque chose autant le faire en groupe parce que cela démultiplie le plaisir. Sur l'album « Une vie normale »ce sont mes textes et mes musiques mais tout ça prend corps avec la complicité des musiciens qui m'entourent.

Alors vos prochaines Vieilles Charrues c'est sur scène ?

Ce n'est pas pour l'instant prévu sur les scènes de l'été mais lors d'une des soirées club à l'espace Glenmor le 10 février prochain.

 

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